Oui, on peut être « dissident » et légitime

Depuis que l’équipe Crolles 2020 a annoncé qu’elle construisait un programme et présenterait une liste aux prochaines municipales, elle a eu droit à deux critiques : « vous vous dites dissident alors que vous avez toujours soutenu la majorité » et « vous êtes surtout impatients de prendre le pouvoir« . Drôles de réactions, non ? Pour nous, commencer à préparer une élection fait simplement partie du jeu démocratique.

Une remarque pour commencer : nous aurions aimé engager la discussion sur la nécessité d’associer davantage les Crollois aux décisions. Ou sur le retard pris en matière d’écologie, ou sur les dysfonctionnements actuels de la mairie : retards, projets arrêtés, décisions arbitraires, capacités d’investissement sous-utilisées…

Malheureusement, les premières réactions nous ont ciblés en tant que personnes, avec l’objectif de nous décrédibiliser. Espérons que le débat reprenne vite de la hauteur.

De sérieux dysfonctionnements depuis 2014

On nous reproche d’être des « dissidents qui n’ont jamais dissidé » ? Certes, mais c’est le sens même du mot dissident : un individu qui après avoir fait partie d’un groupe, décide de s’en séparer parce qu’il ne s’y retrouve plus. Jusque là, il se sentait solidaire et à sa place. Un jour, il prend ses distances et affirme sa différence : il devient « dissident ».

C’est ce que nous avons vécu. Certains d’entre nous sont élus depuis 2001, d’autres depuis 2008, et nous avons eu longtemps l’impression d’être à notre place dans l’équipe municipale. Mais les choses ont commencé à déraper à partir de 2014. Le problème, c’est que les dysfonctionnements évoqués plus haut ne font pas l’objet de délibérations au conseil municipal. Nous n’avons jamais voté sur le manque de concertation, les changements de cap sur certains projets ou les tensions pourtant vives au sein de la majorité.

Mieux vaut être dissident que faire comme si tout allait bien

Il n’était pas question de claquer la porte sans rien tenter. Pendant trois ans, nous avons réclamé l’application du programme et de la méthode sur lesquels nous avions été élus. Nous avons interpellé le maire et certains membres de la majorité, en vain. Aussi, pendant l’été 2017, nous avons publiquement exprimé notre désaccord, notamment par voie de presse. Pour autant, rien n’a changé.

Le projet Crolles 2020 marque une nouvelle étape. Nous avons abandonné tout espoir de voir les choses changer de l’intérieur et nous lançons notre propre projet. Voilà notre vision de la « dissidence ». Elle nous parait légitime et même, responsable. Alors que rester muets jusqu’aux prochaines élections, sans rien critiquer, sans rien dénoncer, aurait été bien peu courageux.

Une liste de plus aux municipales, c’est une bonne nouvelle

Autre critique, nous serions impatients de prendre le pouvoir, voire fébriles !

Rappelons d’abord que d’après une enquête de l’Observatoire de la démocratie de proximité publiée fin 2018, 49% des maires français ne souhaitent pas se représenter l’année prochaine. Le statut d’élu municipal ne fait plus rêver : trop de responsabilités, trop de travail, trop de sacrifices sur la vie de famille. Alors si une première liste se met sur les rangs à Crolles, c’est plutôt une bonne nouvelle. Et espérons qu’il y en ait d’autres, pour que les Crollois puissent faire un vrai choix.

Nous ne lançons pas notre projet par ambition, voire par arrivisme, mais pour faire avancer les choses et défendre les valeurs auxquelles nous croyons. Autrement dit, pour faire vivre la démocratie. Qui oserait nous le reprocher ?

Un projet ouvert à tous les Crollois

Nous voulons intégrer les Crollois à la politique sociale, encourager les porteurs d’initiative, rattraper le retard considérable que nous prenons en matière d’écologie, miser sur l’intelligence collective en matière de budgets, de déplacements, d’urbanisme. Et pour réaliser tout cela, nous avons besoin d’obtenir une majorité en 2020, non seulement au conseil municipal mais aussi au sein de l’exécutif de la commune, qui a l’essentiel des pouvoirs.

Profitons-en pour rappeler que nous portons à ce jour un projet, et non une liste. Ce projet est ouvert à tous les Crollois qui se sentent concernés par ces enjeux et se lassent de voir le débat public confisqué. La constitution d’une liste arrivera en temps utile, et aucune place n’y sera réservée d’office.

Alors, si l’aventure vous tente, n’hésitez pas à rejoindre notre groupe de « dissidents ». Il est légitime, il a sa place dans le débat public et il s’enrichira de vos idées et de votre engagement.